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Mais
où est donc passé l’enfant ?
sous la direction de Denise Bass,
Denis Collot,
Pascale Mignon, Françoise Petitot
S’il est petit, on parle de ses parents ; s’il est
adolescent, on s’intéresse à sa délinquance
; dans les institutions, il est souvent l’enjeu du débat,
appelé à cautionner les choix des adultes.
L’enfant aurait disparu alors que bizarrement, à
écouter les préoccupations de la société,
il y occupe une position centrale. L’enfant d’aujourd’hui
n’est plus l’« infans » d’autrefois,
celui qui ne parle pas. Il s’exprime, la parole lui est
donnée. C’est aussi en son nom, au nom de son bien
que l’on parle. Quel enfant chercherait-on ?
L’enfant des politiques, des pédagogues, des sociologues,
des psy, des parents, est-il le même ? Cette multiplicité
des discours souvent contradictoires, qui fondent les pratiques
éducatives occidentales modernes, a entraîné
une nouvelle conception de l’enfance qui s’est peu
à peu inscrite dans les usages et le droit et semble
affecter les rapports d’autorité, d’éducation
et de transmission entre les générations.
Quel effets aussi ont pu avoir l’évolution des
savoirs scientifiques sur l’enfant et sa fabrication ?
L’enfant, porteur de tous les espoirs, se sent assigné
à venir combler les manques parentaux, se faisant tour
à tour parfait, modèle, compétent. L’accent,
exagérément mis sur les compétences de
l’enfant, vient faire écran aux affects tels que
la haine, l’amour, l’angoisse, ou aux problématiques
inconscientes qui sous-tendent ses comportements. Dans le même
temps, il est perçu comme objet d’un abus de pouvoir
des adultes. Il s’absente de sa place de sujet, on l’excuse,
on l’innocente, on le victimise, ou au contraire il est
fustigé en place publique, enfant-roi désavoué,
montré à l’adolescence comme incivil ou
violent, c’est-à-dire menaçant, refusant
l’autorité des parents, des adultes, voire même
de la justice. Cet investissement de l’enfant oscille
en permanence entre le doux et le fort, entre l’angélique
et le démoniaque.
Les policiers, les magistrats s’interrogent sur l’impact
de leurs interventions et mettent bien en évidence cette
« échappée de l’enfant » à
laquelle ils assistent, dénonçant alors la démission
voire la complicité familiale.
Car il n’y a pas d’enfant sans parents. Le «
travailler avec l’enfant » des professionnels n’a
désormais de sens que s’il est articulé
avec une prise en compte de la famille. Leur intervention est
alors remise en question par le nécessaire dialogue avec
les parents qui peut entraîner le conflit. L’enfant
assiste à ce combat dans lequel il est pris à
partie, voire mis parfois en position d’arbitre, et il
peut être assailli par l’incertitude, le doute,
le soupçon.
Comment se débat-il dans cet imbroglio potentiellement
pervers ? À quelle demande est-il confronté lorsqu’il
est amené à choisir le lieu, la date, la personne
et l’objet avec lesquels il élabore sa réalité
sociale ?
Ce n’est pas l’adulte qui crée l’enfant.
L’enfant, l’adolescent, existe en tant qu’individu-sujet
dans ce qui lui arrive, il s’invente lui-même à
partir de sa propre capacité à refouler, fantasmer,
sublimer.
Comment parle-t-il aux adultes de ce qu’il est, de ce
dont il a besoin, de ce qu’il désire ? N’est-il
pas en mesure de nous faire savoir où il est ? Perdu
dans ses symptômes, il nous signifie là où
il se trouve, ou plutôt là où nous pouvons
le trouver, voire le retrouver. Il est là sous nos yeux
et nous avons du mal à le voir, à l’entendre.
Cet ouvrage souhaite ouvrir des perspectives dynamiques pour
comprendre l’enjeu que l’enfant occupe dans l’imaginaire
de la société et des parents. Refusant une vision
nostalgique de l’enfant idéal, il nous paraît
intéressant de le penser dans son contexte de vie aujourd’hui,
pour qu’il s’imagine dans sa vie de demain.
T A B L E D E S M A T I E R E S
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Introduction. De l’enfant-roi
à l’enfant victime : l’enfant oublié
Françoise Petitot |
1 - L’enfant inventé, l’enfant fabriqué
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Les « arab boys »,
ces petits vagabonds qui encombrent nos rues...
Françoise Tétard |
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Droits des enfants, droits
des parents : que devient la vie familiale ?
Claire Neirinck |
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L’enfant « justiciable
» : un mineur accompagné ?
Anne-Sylvie Soudoplatoff |
2 - L’enfant compétent, modèle,
parfait, délinquant, victime...
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L’enfant est-il un sujet
?
Évolution des représentations et des savoirs
Laurence Gavarini |
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Il n’est jamais trop
tôt pour être compétent !
Patrick Ben Soussan |
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La haine de l’enfant
est impérissable
Arlette Pellé |
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Le monde dont l’enfant
est un délinquant
Thierry Baranger |
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Réparer / obtenir réparation
: percevoir l’autre dans son humanité
Éliane Bouyssière-Catusse |
EXPÉRIENCES
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L’importance du toucher
pour les tout-petits
Anne Fonsagrive |
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Réparer, c’est
remettre en état
Marc Jourdan |
3 - Il n’y a pas d’enfant sans parents,
où est passé l’adulte ?
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L’appel à la parentalité
protège-t-il l’enfant ?
Annie Croquet |
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L’enfant/adulte,l’adulte/enfant
: cherchez la différence !
Henri De Caevel |
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Et si les enfants pouvaient
vivre sans leurs parents...
Danielle Lefebvre |
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Il faut « réparer
les parents » !
Odile Barral |
TÉMOIGNAGES
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Rencontrer l’enfant,
une conduite à risques
Michèle Ghintrand |
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Le placement ment, l’enfant
dé-ment.
Réflexion sur le travail éducatif au collectif
Saint-Simon
Vincent Buoro |
4 - Et pourtant, l’enfant se débat pour
continuer à exister
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Quand ton regard me quitte...
Pascale Mignon |
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Les symptômes, une création
pour s’inventer son enfance
Bruno Deswaene, Xavier Gassmann |
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L’enfant : être
écouté, être entendu, être éduqué
Catherine Pénigaud |
Conclusion
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Faut pas prendre les muets
pour des sourds !
Jean-Pierre Lebrun |
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