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GRAPE - Recherches : Le placement familial, une vieille histoire à réinventer   Le placement familial,
une vieille histoire à réinventer


sous la direction de Denise Bass et Arlette Pellé

Le Placement Familial sépare. On y a recours le plus tard possible, quand on a tout essayé : travailleuse familiale, AEMO, PMI, centre maternel, thérapie… Il est vécu comme un rapt, comme une sanction par les parents, comme un échec par les intervenants sociaux. Qui peut dire comment il est vécu par l’enfant ? La justice tranche au lieu même où les intervenants sociaux délèguent à l’Autre de la Loi la responsabilité du choix. N’apparaît-il pas alors comme la réalisation d’une menace ?

Au nom de l’intérêt de l’enfant, chacun des partenaires du Placement Familial opte largement pour les placements judiciaires plutôt que pour l’accueil provisoire et pourrait même vouloir obtenir la destitution de l’autorité parentale. Tout bien considéré, cette démarche ne protègerait-elle pas d’abord les professionnels qui, d’exclure les parents, pensent exclure le mal ?
A l’enfant, on “donne une famille”, mais lui donne-t-on ce dont il a besoin pour se construire ? Notre intérêt “pour” l’enfant s’opposerait-il à “l’intérêt de l’enfant” ?

L’esprit de la loi impose – quelles que soient les situations – un objectif identique : le retour en famille. Cependant, certains enfants ne peuvent jamais se poser dans leur placement, parce qu’il est remis en question régulièrement ; ceux-là auront du mal à exister plus tard. D’autres vivent si bien leur exil qu’ils ne veulent plus rentrer. Et puis, il y a ceux qui peuvent dans tout cela construire une manière d’être enfant de tous ces adultes, qui échappent à tous les discours, à tous les professionnels qui veulent leur bien.

Au moment où les familles se décomposent, se recomposent, se mono ou s’homo parentalisent, ce qui implique que l’enfant vive souvent avec un parent qui n’est pas son géniteur, les fonctions parentales ont à être questionnées. L’enfant placé a, lui aussi,
à faire son chemin dans une sorte de famille composite, faite de parentalités partielles qu’il lui faudra combiner.

Tout en marquant une étape dans la reconnaissance d’une dimension thérapeutique par les accompagnements, la professionnalisation des assistants et assistantes maternel(le)s, renforcée par la loi de 1992, favorise la prédominance de la fonction maternante.
Que deviendrait un enfant soumis uniquement à du maternel quand on sait que le père a pour fonction de le tirer en avant, de lui présenter un idéal à atteindre dans le futur ? Le père vivant, suspecté de toutes parts, fait figure de mauvais père ; les bons pères ne pourraient-ils être que les intervenants sociaux, les juges, les “psy”…, c’est-à-dire des pères débarrassés du sexuel ?
Quant aux conjoints des assistantes maternelles, ils n’ont de reconnaissance ni juridique, ni institutionnelle, ni symbolique.
A l’avenir, alors que nous sommes entrés dans une ère où l’on dit vouloir privilégier les fonctions parentales, comment faire émerger l’irréductibilité des composantes maternelle et paternelle ?

Le cadre juridique et institutionnel du placement familial est pratiquement unique pour tous les types de placements (de longue durée ou placement court, judiciaire ou administratif, pour petits ou adolescents, malades ou non).
Quelle analyse, quelle critique, quels enseignements, nous permettent de repenser les pratiques qui doivent aujourd’hui s’inventer pour répondre de façon diversifiée à des situations familiales de plus en plus complexes et à l’accueil d’enfants en très grande souffrance ?




T A B L E   D E S   M A T I E R E S



Avant-propos
Denise Bass

Introduction


L’origine et le placement
Henri Mialocq

1 - La séparation comme prévention du placement


Éloigner, séparer, placer : trois actes qui pourraient ne pas se conjuguer
Henri De Caevel

Pourquoi placer serait un échec ?
Monique Gaas

Travailler le lien... dans l’intérêt de l’enfant
Michel Dugnat

CLINIQUE

Comment penser encore lorsqu’il faut protéger un enfant ? Lorsque l’inélaboré erre d’une rive à l’autre...
Pascale Mignon

2 - Choisir sa famille : qui peut se le permettre ?


Le placement familial, figure ancienne de la parentalité moderne ? La fin d’une illusion...
Mohand Chabane

L’impossible quadruple filiation : la co-parentalité
Arlette Pellé

« Toi t’es libre, moi je suis placé »
Janine Oxley

CLINIQUE

Comment se bricoler des parents quand on ne vit pas avec les siens ?
Michelle Rouyer

« Je suis placé, c’est pour mon bien », « je suis placé, c’est pour ton bien », « tu es placé, c’est pour mon bien »
Martine Duboc

C’est pour mon bien...
Catherine Pénigaud

Chercher, trouver, « donner une famille », et en plus la payer... Les interrogations de responsables de placement
Anne-Marie Martinez, Joël Chalubert

3 - Le mythe de l’autorité parentale


Les représentations des intervenants sociaux autour du placement familial
Frank Gautret

La délégation de l’autorité parentale (DAP), mission impossible ?
Martine Duboc

De quelle liberté professionnelle disposent les familles d’accueil pour autoriser l’enfant à vivre sa vie ?
Brigitte Courée

EXPÉRIENCE

Les parents comme on les imagine : incidence sur les pratiques psychosociales
En centre maternel, un lien à soutenir
Éveline Le Sauce

L’autorité éducative... au quotidien
Pierre-Marie Delval

L’autorité éducative : en vrai, qui la détient au quotidien ?
Marylise Le Delleter, Françoise Gousset, Thérèse Gueguen

4 - Et si le placement familial bougeait ?


Les professionnels « débarrassé » du sexuel : où va l’enfant ?
Françoise Petitot

Famille d’accueil, un abus de langage
Bernard Ruhaud

L’à-venir du placement familial
Henri Mialocq

EXPÉRIENCE

Quoi de neuf dans l’accueil familial ?
Anne-France Tapon, Véronique Hack

Conclusion


Arlette Pellé
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